Home working

Aujourd’hui, la tendance est de repenser notre mode de vie versus notre professionnel. En gros, nous devons réussir, être au top, actifs, toujours prêts à bondir sur une opportunité et en même temps pratiquer l’art de vivre, redécouvrir le talent de perdre du temps et les belles choses…

Dans la palette des solutions disponibles, nous disposons du homeworking : en résumé, au lieu de partir travailler dans un lieu où toutes les commodités sont là pour faciliter notre concentration et notre efficacité, nous allons avoir la joie de pouvoir rester chez soi… et souvent de tout mélanger.

Pour les adeptes de leur intérieur, le ménage, la cuisine, les papiers administratifs en retard vous feront des clins d’œil chaque fois que vous essaierez de vous en extraire, et pour les autres, ce sera la tentation de faire autre chose qui sera si prégnante qu’il deviendra difficile d’y résister.

A vous donc les nuits blanches pour essayer de boucler le travail en retard et surtout la joie de rentrer dans une temporalité continue…

Le risque du home working est l’absence de pauses : vous pouvez toujours travailler il y a toujours à faire et comme vous êtes un affreux privilégié et que vous restez chez vous, vous aurez la culpabilité omniprésente de tout ce que vous n’avez pas encore fait.

Symbole de cette nouvelle ère du Verseau où nous rentrons, l’être humain sera unifié et les journées répondront comme la tragédie classique à la règle des trois unités : unité de temps, de lieu et d’action.

Vous devrez agir, décider, vivre sans plus bouger de chez vous.

Le second risque encouru par cette nouvelle approche de vie est que vous perdiez progressivement le contact concret avec votre moi social : l’être humain est, toujours à cause de l’ère du Verseau, de plus en plus attiré par le repliement et le cocooning.

Faire venir chez soi au lieu de sortir semble invariablement le meilleur plan dans nos sociétés. Et perdre son identité effective pour la remplacer par une surface de contact virtuelle et liée uniquement aux réseaux sociaux, se profile comme un risque supplémentaire.

Etre soi, à la découverte de soi suppose d’assumer progressivement une dérive et une transformation de notre être : bien loin d’être une étape de facilitation, le home working pousse les gens à l’intériorisation, au fait de se confronter sans mensonges à soi-même et à ce qu’on désire véritablement.

Dans le silence d’un nid douillet, il ne vous restera que deux voies : l’exigence de plus en plus grande de vous faire une vie qui vous ressemble, ou faire grandir vos troubles et vos difficultés à la taille de montagnes qui pourraient bien ensuite finir par s’effondrer sur vous…

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