Dépression(s)

Nous avons deux types d’ennemis, les ennemis intérieurs et ceux qui sont extérieurs.

Le problème est qu’ils communiquent grâce à la temporalité.

Quand on fait face à une situation grave qui nécessite une mobilisation d’urgence, avec des choses précises et rapides à accomplir,  comme dans une guerre, avec une maladie qui se déclare, une perte ou un déménagement, toutes situations qui supposent qu’on accélère le rythme pour trouver des réponses concrètes, en un sens, paradoxalement, tout va bien.

On fait face : on peut se dresser devant le monde, devant les enjeux à atteindre et essayer de donner le meilleur de nous-même pour trouver une solution. On sait comment agir et quel est le prochain geste à faire (parce que c’est là, tout de suite, dans l’action réelle et non pas dans notre imagination).

Quand la situation est extérieure, et qu’on comprend comment on peut agir, qu’on a une prise (comme lorsqu’on grimpe une montagne) alors on peut tenir, se raccrocher et avancer.

Quand la difficulté est intérieure, actuelle ou inhérente à notre vie, comme des difficultés relationnelles ponctuelles avec quelqu’un qu’on aime, une forme de solitude, un sentiment d’inaccomplissement, on se retrouve coincé.

On est renvoyé à une impuissance et cette impuissance nous fait perdre le fil de notre identité.

Là commence la dépression. On ne peut plus rien faire. On est bloqué. Quoiqu’on fasse, ça ne sert à rien, on n’a aucune prise. Se mobiliser pour essayer d’agripper une logique de changement, de sortir de la situation n’a aucun sens, puisque justement, notre impuissance nous renvoie au fait qu’on est nul, au sens littéral du terme : incapable d’être celui qui peut nous rendre un accord avec nous-même et donc la sensation d’être à notre place, incapable d’édifier et de constuire.

Des solutions ?

La toute première chose à faire quand on sent un abattement nous saisir, c’est identifier le problème : non pas en le rejetant  « je suis triste parce que… mais peu importe au fond… »  mais identifier le problème en reconnaissant que tant qu’il ne sera pas réglé, on sera malheureux.

Et que ça ne nous convient pas.

La seconde chose à faire est de changer notre perspective sur le problème : au lieu de se dire qu’à cause de ce qu’on est, de qui on est, ça ne peut pas fonctionner, il faut se dire au contraire, qu’on va essayer de faire autre chose que ce qu’on a déjà proposé pour trouver une solution.

Agissez comme si vous étiez quelqu’un d’autre, et non plus en partant de vos certitudes : je vous garantis que c’est un des moyens les plus sûrs pour modifier le cours du « destin ».

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