Gradus de l’Avent : Jour 15

Jour 15 : Lectures…

Haldor Laxness écrit sur l’Islande,  et dans ses nombreux romans, il ne se passe absolument rien. Le temps s’est arrêté et pourtant les gens vieillissent, c’est intéressant parce que c’est une image beaucoup plus exacte de la vie. Il ne se passe rien. Et comme on s’ennuie, on crée sans cesse des mélodrames épouvantables faits de rencontres fulgurantes, de retournements intraitables et de ruptures douloureuses.

L’intensité énorme de ce qu’on vit se rajoute sur une toile de fond où la vie est totalement cyclique à répéter les saisons à l’identique. Et s’il se passe quelque chose, ça donne la sensation d’être avalé par une durée si lente que ça n’a plus grand sens d’en parler

En lisant Haldor Laxness, une double sensation vient : celle d’un ennui profond et bizarrement, quand on lâche le livre, d’une immense plénitude concernant notre vie, comme si tout à coup, tout devenait possible. 

Rencontrer, même en livre, un monde sans mental est ainsi totalement libératoire.

Cette sensation est la même que celle du wabi sabi où tout à coup, le tissu serré du temps se relâche et où on voit le ciel, pour ce qu’il est : strié de gris avec un vent qui nous fait rêver. Pendant quelques instants, on a échappé à notre réalité pour toucher l’atemporel et le temps semble plus accueillant quand on le retrouve.

Je n’ai jamais été en Islande, mais ce pays était dans les temps reculés, si rude qu’il ne laissait place ni au loisir, ni à la rêverie, ni au romantisme et de ce fait, les êtres accomplissaient infiniment plus lorsqu’ils se mettaient à vouloir quelque chose, que nous, lorsque nous nous débattons entre nos réalités faites de passé, de présent et d’avenir mêlées.

Constamment mêlées…

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